Le Prix des jeunes libraires - edition 2021 - Annonce du lauréat

Le Prix des jeunes libraires - edition 2021 - Annonce du lauréat

Sukkwan Island

Éditions Gallmeister

9,20

Une île sauvage du Sud de l’Alaska, accessible uniquement par bateau
ou par hydravion, tout en forêts humides et montagnes escarpées.
C’est dans ce décor que Jim décide d’emmener son fils de treize ans pour
y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession
d’échecs personnels, il voit là l’occasion de prendre un nouveau départ
et de renouer avec ce garçon qu’il connaît si mal. Mais la rigueur de cette
vie et les défaillances du père ne tardent pas à transformer ce séjour
en cauchemar, et la situation devient vite incontrôlable. Jusqu’au drame
violent et imprévisible qui scellera leur destin.
Couronné par le prix Médicis étranger en 2010, Sukkwan Island est un livre
inoubliable qui nous entraîne au coeur des ténèbres de l’âme humaine.


Un soir au club
7,00

L'histoire est classique du buveur désintoxiqué qui, après des années d'absolue sobriété, s'autorise soudain un petit verre. Juste un petit verre. Et replonge. A fond. Mais l'on ne se soûle pas que d'alcool. Parfois on ne retombe que pour mieux ressusciter. Retourner à son vice, à son démon - à son art - ouvre de somptueux vertiges, interdits aux repentis. Voyez Simon Nardis, le nouveau personnage de Christian Gailly. Il a suffi d'un soir au club, un petit club de province, pour qu'il se remette à la vodka... et au jazz.
Dix ans plus tôt, pianiste renommé, il avait abandonné pour « raisons de santé ». Il était devenu bon mari, bon père, bon spécialiste du chauffage industriel, n'écoutant plus que de la musique classique : « A défaut de swing il se gavait de beauté. »
Ayant une heure à tuer avant de rentrer chez lui par le train, il accompagne dans le club un ingénieur dont il vient de dépanner l'usine. Et, d'entrée, il est secoué. Dans l'excellente façon de jouer des trois jeunes musiciens américains, il reconnaît... son style. Un « style qui avait pas mal chamboulé la pratique du piano en jazz ».
Pendant la pause du trio il se met au clavier. La patronne du club le « reconnaît » à son jeu. Bientôt elle le rejoint sur l'estrade, se penche vers lui, reprend la mélodie au vol. Et c'est le bonheur qui revient. Fulgurant. La nuit qui suit et le lendemain, entre cet homme « près de la retraite » et cette femme « qui avait bien l'âge qu'elle ne faisait pas » va s'amplifier et se concrétiser ce bonheur. Jusqu'à se vouloir éternel. Et la femme de Simon dans tout ça ? Elle arrive. En voiture. N'en disons surtout pas plus. Il serait criminel de dévoiler ne serait-ce qu'un soupçon de la suite de l'intrigue, elle-même criminelle. A sa façon.
Jean-Pierre Tison, Lire


BATTUES

Antonin Varenne

Manufacture de livres

18,90

Philippe Mazenas, garde forestier, a disparu. Après plusieurs jours de recherche, son meilleur ami, Rémi Parrot, découvre en forêt son corps mutilé par les bêtes sauvages. Dans cette affaire, la profusion des rancunes qui se révèlent au fil des interrogatoires ne cesse d'allonger la liste des suspects. On pourrait croire à un règlement de compte, mais à l'instar de la mémoire des hommes, la terre sait conserver les secrets. Et l'amour de jeunesse de Rémi choisit précisément ce moment pour réapparaître et attiser les tensions. En ce pays de rivalités ancestrales, l'heure de la battue a sonné. Roman policier et roman d'amour, Battues nous propose un plongeon dans les secrets d'une ville où les hommes ne cessent de s'affronter pour la terre et le pouvoir.


Quinze cents kilomètres à pied à travers l'Amérique profonde
9,00

« John Muir - Planète Terre - Univers », tels sont les mots inscrits sur la face intérieure de la couverture du carnet de route dont est issu ce volume. Ils reflètent l'état d'esprit dans lequel son auteur entreprit sa marche de quinze cents kilomètres en direction du golfe du Mexique, via le Kentucky, en 1867. Il s'agit là, de loin, de la plus longue excursion botanique que John Muir ait faite au cours de sa jeunesse. Sa pérégrination a lieu dans une Amérique sauvage dans les deux acceptions du terme : des pans immenses de territoire sont intouchés par l'homme dans le même temps où les soubresauts de l'histoire - la guerre de Sécession vient de s'achever - rend les routes incertaines. Les conditions sont donc rudes, les rencontres aléatoires, mais le naturaliste reste ferme sur ses jambes, et prend les étoiles pour couverture. Mi-naturaliste (il note, classe, repère les espèces endémiques), mi-prophète, toujours en extase devant la « wilderness », son amour de la nature est une véritable religion et ses rares incursions dans les villes (il n'entrera même pas dans New York lors d'un transit entre la Floride et Cuba) sont purement fonctionnelles.

Muir, c'est le héros des écologistes américains ; les Parc Nationaux, c'est lui, et sans lui, les séquoias géants de Yosemite Park auraient été débité en allumettes parles cyniques héros de la libre entreprise. Lisez tous les détails.

Michel Polac, Charlie Hebdo, Les Colosses américains.


Climats de France

Sabine Wespieser Éditeur

21,00

Tout commence à Alger en 2009, avec l’émotion profonde de Marie au moment où elle découvre « Climat de France », le bâtiment qu’y construisit Fernand Pouillon. La pierre de taille, les perspectives imposantes, elle les connaît intimement : elle a grandi à Meudon-la-Forêt, dans un ensemble bâti par le même architecte.
Mue par le désir de comprendre ce qui mystérieusement relie les deux lieux, elle plonge dans leur passé, et dans celui de leurs habitants. Plusieurs récits s’entrelacent, comme autant de fragments d’une histoire dont elle traque le motif entre l’Algérie et la France : l’arrivée de Fernand Pouillon à Alger en mai 1953, invité à construire mille logements pour la fin de l’année par le maire récemment élu ; le souvenir d’une nuit de 1997 à Meudon-la-Forêt, quand Marie, treize ans, ne parvient pas à s’endormir à cause des chants de deuil résonnant dans la cage d’escalier ; les confidences de son voisin Malek, que ses parents, sentant le vent tourner à Oran, ont envoyé en France en 1956 et qui, devenu chauffeur de taxi, semble avoir échappé à la guerre dont la violence se déployait pourtant dans les rues de Paris.
Ici, comme en écho à l’émotion fondatrice, celle du lecteur naît de la manière dont l’écrivain laisse s’élever les voix de ces hommes et de ces femmes que l’histoire, parfois à leur insu, a traversés et qui, de part et d’autre de la Méditerranée, obstinément et silencieusement ont déroulé leur existence.