Le Prix des jeunes libraires - edition 2021 - La selection

Le Prix des jeunes libraires - edition 2021 - La selection

Là où l'histoire se termine

Alessandro Piperno

Liana Levi

11,00

Romains depuis plusieurs générations, les Zevi comptent parmi leurs ancêtres penseurs, avocats, scientifiques... et même un rabbin ! La seule fausse note dans ce concert de bienséance est Matteo, incorrigible hâbleur et dragueur. Dans les années 1990, il s’est rué avec légèreté dans deux mariages successifs et une accumulation inconsidérée de dettes. Ne parvenant pas à
les rembourser il a quitté l’Italie pour vivre à Los Angeles une seconde vie faite d’expédients minables et de deux nouveaux mariages. Seize ans plus tard, à la mort de son exigeant créditeur, le voici de retour à Rome. Ses deux enfants l’attendent sans l’attendre, avec indifférence ou animosité, tandis que Federica, son ex-femme, essaye de recoller les morceaux, en éternelle
Pénélope. Le revenant, résolu à dévorer la vie par les deux bouts, se jette sans retenue dans les retrouvailles avec la ville éternelle, qui plus que jamais conjugue beauté et délabrement – c’est là son charme suprême ! – et la vie reprend son cours léger et futile. Mais en Italie comme ailleurs un tournant d’époque marque la fin de l’histoire. Et change la donne.

L’auteur
Alessandro Piperno, né en 1972, vit à Rome. Il a consacré son premier essai à Proust et enseigne la littérature à l’université. En 2005, Avec les pires intentions, son premier roman, provocateur, suscite une polémique en Italie. Sans se départir d’une féroce ironie, c’est avec un ton plus grave qu’il écrit Persécution, premier volet du diptyque « Le feu ami des souvenirs », finaliste du prix Fémina et Prix du meilleur livre étranger 2011 en France. Inséparables, le second volet brillantissime, remporte le prix Strega en 2012.


Marcher droit, tourner en rond
13,00

Atteint du syndrome d'Asperger, l'homme qui se livre ici aime la vérité, la transparence, le scrabble, la logique, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée jamais revue depuis trente ans. Farouche ennemi des compromis dont s'accommode la socialité ordinaire, il souffre, aux funérailles de sa grand-mère, d'entendre l'officiante exagérer les vertus de la défunte. Parallèlement, il rêve de vivre avec Sophie Sylvestre un amour sans nuages ni faux-semblants, et d'écrire un Traité de criminologie domestique.
Par chance, il aime aussi la solitude.


ENFIN LA NUIT
12,90

« Le ciel était embrasé. On avait bien donné des explications à la télévision, histoires de guerres, de catastrophes, d’ennemis, d’alliés. Des noms, d’autres, beaucoup de noms qui se croisaient sans grande cohérence entre eux. Alors, du coup, les gens étaient dans la rue, le regard plongé dans le feu du ciel. Le grand embrasement. Ravage. La nuit était plus claire que le plein jour. Les lampadaires devenaient inutiles. Le ciel s’était allumé le 23 janvier, sur le coup de 22 h 30. Et si, sur le moment, personne ne comprenait vraiment ce qu’il se passait, il faudrait bien admettre, une semaine plus tard, que la nuit ne retomberait plus jamais. »



Un flic, Thomas, et une adolescente, Sophie, se mettent en route vers le sud. Pour aller où ? Peu importe, ils sont vivants, ils avancent, dans ce monde aveuglant où la nuit a disparu et où le jour continuel rend fou. Peu à peu, Thomas laisse derrière lui une tombe sur un rond-point et une maison en cendres, passe la frontière… Dans ce roman envoûtant, à la fois road movie et expérience post-apocalyptique, la violence le dispute à l’humour noir.


Rêves de train

Christian Bourgois

15,20

Sur les pas de Robert Grainier, dont il se fait le biographe, Denis Johnson nous fait vivre les tribulations de ce travailleur de l’Ouest américain au début du XXè siècle : sa passion pour la construction des ponts de chemin de fer à laquelle il participe comme ouvrier ; le deuil non achevé de son épouse Gladys et de leur fille Kate, toutes deux disparues dans l’incendie de la vallée de Moeya où ils vivaient dans la solitude d’une immense forêt ; et les rapports terrifiants, fantastiques, qu’il entretient avec les loups. La petite Kate ne serait-elle d’ailleurs pas devenue une fille-louve ? Au fil des pages, l’on croise également un Chinois funambule, l’Homme le Plus Gros du Monde, Elvis Presley et son train privé en panne momentanée, un vertigineux baptême de l’air, divers escrocs, un cheval savant, quelques moribonds, hilares ou pas. Rêves de trains est une burlesque danse des morts et des mots, une sarabande effrénée où s’estompent les différences convenues et où les royaumes s’interpénètrent. Denis Johnson y prouve une fois encore ses capacités peu communes de métamorphose et son talent d’écrivain, immense.


La Lettre à Helga
8,95

« C’est au printemps, à la première sortie des agneaux de la bergerie, que j’éprouvais avec le plus d’insistance le désir de te voir ravaler ton orgueil et venir me rejoindre. Et chaque fois que les fleurs de pissenlits s’étalaient dans les prés, des flammes jaunes s’allumaient aussi en un autre endroit… » Bjarni Gíslason, en homme simple, taillé dans la lave mais pétri de poésie, se décide enfin à répondre à sa chère Helga, sa voisine de la ferme d’à côté, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment…