Le doorman, Roman

Madeleine Assas

Actes Sud

  • 1 juillet 2021

    J'ai révé NY

    Comment voyager pendant 40 ans, sans quitter NYC et le luxueux immeuble de Park Avenue ?
    Grâce au portrait du Doorman, Ray, émigré juif espagnol, débarqué par hasard aux USA. Secret, taiseux, il accompagne la vie des habitants ….connait leurs failles, leurs doutes, partage leurs joies, se substitue en membre de la famille, jusqu’à négliger sa propre vie.
    Chronique d’une Amérique d’après guerre, des grands changements, Guiliani, les tours du Wall Trade center, la vie d’une cité atypique qui fait rêver le monde entier.
    Un très joli roman, sensible, un personnage attachant, tout en subtilité et qui ravira tous les amoureux de la Grosse Pomme.


  • 15 juin 2021

    Dans sa livrée noire à galons et boutons dorés, Ray est un personnage inamovible du 10 Park Avenue à New York. Doorman de l’immeuble, il ouvre la porte aux habitants de jour comme de nuit. Serviable mais jamais servile, sociable sans être envahissant, il est surtout une présence bienveillante, amicale et discrète.
    Quand il retire l’uniforme, il devient un arpenteur inlassable de sa ville d’adoption. Des heures durant, seul ou en compagnie de son ami palestinien Salah, il marche sans relâche dans les rues mythiques de la Grosse Pomme ou dans les quartiers plus reculés, toujours ébloui par la ville qui ne dort jamais.
    S’il recueille parfois les confidences des habitants de l’immeuble, lui se livre peu. Pour eux, Ray n’a pas d’histoire, pas de passé. Il est arrivé en homme neuf à New York, laissant derrière lui les souffrances de la seconde guerre mondiale, les horreurs de la guerre d’Algérie, le déchirement d’avoir dû quitter Oran. Il est devenu un Américain, mieux, un New yorkais.

    Dans ce premier roman, Madeleine Assas nous propose de déambuler dans les rues de New York, au côté de Ray, le doorman. Statique quand il exerce son métier, il se dégourdit les jambes en explorant la ville dans ses moindres recoins. Le lecteur va le suivre durant quarante années, de ses trente ans en 1965 jusqu’à ses soixante-dix ans en 2005. Toute une vie d’amitiés solides, d’amours fugaces, de passion pour sa ville d’adoption. Avec lui, New York se transforme, des quartiers autrefois en vogue tombent en déshérence, des ghettos deviennent des lieux à la mode. La ville change, bouge, s’adapte, se transforme, se renouvelle. Ray reste lui-même, un homme bon, intègre, fin observateur de la nature humaine, amoureux de la vie et de New York. Dans son cœur, il garde le souvenir de son Algérie natale, de son père juif mort dans un camp, de sa mère espagnole disparue dans une émeute en 1961, d’une enfance au soleil. Mais il ne laisse rien paraître de ses fêlures et préfère se tourner vers les autres, amis ou résidents, pour les aider, les soutenir, les accompagner.
    Un voyage agréable, poétique et contemplatif. Un récit émouvant, plein d’humanité et un personnage attachant. Le rêve américain sans folie des grandeurs.